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Axes du programme 2015-2019

 







En cohérence avec le programme mis en perspective dans le quadriennal 2015-2019, trois axes guident les recherches de l’équipe EA 4590 :

► Axe 1 Continuité et discontinuités littéraires : XVI-XVIII siècles

Si pendant longtemps le XVII siècle italien avait paru n’être qu’un siècle de transition entre XVI et XVIII, les recherches de la seconde moitié du XX siècle ont bien montré que l’âge baroque avait tout à la fois épuisé certains des canons du XVI mais qu'il avait aussi fait germer et croître nombre de renversements esthétiques, scientifiques et sociaux qui fleurissent pleinement au XVIII siècle. Le XVI siècle voit triompher l’édition italienne : Aldo Manuzio, qui s’éteint à l’orée du siècle (1515) laisse à ses héritiers une entreprise prospère qui, pour concurrencée qu’elle soit par la suite en Italie puis en Europe, n’en stigmatise pas moins la naissance d’une nouvelle société du livre. L’édition bembienne de Pétrarque (1501) puis des Asolani (1505) chez Manuzio, puis des Prose (1525) fixe les canons de la langue vernaculaire, et ouvre la voie des grandes littératures nationales d’Europe des siècles suivants. Ailleurs, dans le domaine théâtral notamment, il est légitime de considérer le XVII siècle comme un espace temporel s’inscrivant pleinement dans la problématique de continuité-discontinuité puisqu’il s’agit d’un siècle d’échanges (intellectuels, géographiques, littéraires) en forme de laboratoire dramaturgique et théorique qui puise dans le XVI siècle tout en semant les jalons du XVIII théâtral : des comédiens dramaturges italiens dell’Arte (tels que Giovan Battista Andreini) appuient leurs éditions d'œuvres éminemment hybrides, en rupture avec une définition précise des genres, tant sur des éditeurs français (De La Vigne) qu'italiens et l’essor de la réflexion théorique sur la pratique théâtrale fleurit tant en France qu’en Italie au XVIII (Réforme goldonienne, Diderot).
Les siècles de la Renaissance et de l’âge baroque et moderne sont par antonomase le ferment d’œuvres de rupture dans toutes les acceptions du terme. Aussi les travaux de cet axe chercheront-ils à démontrer le rôle spécifique qu’ont joué l’édition et la circulation des textes dans la production de ruptures dont on s’attachera à souligner les figures et les œuvres les plus significatives au cours du plan quinquennal. (Protocole fixé par Cécile Berger, Dominique Fratani, Jean-Luc Nardone et Alessandra Villa)


► Axe 2 Relations Italie-France Renaissance-Âge classique : intégration ou rupture ?

Ce projet prend acte, d’un point de vue historique, de l’évidente porosité qui se maintient entre France et Italie après 1515, puis pendant tout l’Âge classique. Il s’agira d’interroger ces relations sous un angle problématique, en prenant la mesure de l’impact de ces cultures vernaculaires en voie d’élaboration l’une sur l’autre : en ce sens on réfléchira à l’identification et aux modalités spécifiques de gestion des ruptures et des continuités par rapport au modèle médiéval, telles qu’elles se traduisent dans les œuvres, ainsi qu’à leur circulation entre l’Italie et la France. L’avènement de la Renaissance française, avec François Ier, consiste-t-elle en une pure intégration, une instrumentalisation du modèle italien, ou ce dernier conserve-t-il une force spécifique de rupture ou de résistance à l’intérieur de la culture française ? Au-delà de l’italianisme à la mode sous les régences de Marie de Médicis et Anne d’Autriche quelle place la culture classique lui accorde-t-elle ? On cherchera aussi à interroger la présence d’une influence culturelle française en Italie, en particulier dans les correspondances académiques, de la république des Lettres, et des cercles mondains.
Les travaux de recherche propres aux responsables (réception du patrimoine antique via l’œuvre de Plutarque, questions de la fiction et des relations entre littérature et savoirs dans l’humanisme et à l’âge classique, rôle de Toulouse dans la République des Lettres, question des «marges du Classicisme») s’articuleront naturellement avec le projet. (Perspective proposée par Olivier Guerrier et Fanny Népote)


► Axe 3 Opera contro : l'œuvre de rupture contemporaine

Dans la continuité des manifestations sur la néo-avant-garde italienne organisées en 2013 par Margherita Orsino, et dans le cadre des anniversaires du centenaire de la Première Guerre mondiale et du cinquantenaire de mai 68, les recherches dans cet axe sont consacrées à un phénomène, qui est aussi bien un concept, intitulé «opera contro» en écho au fameux film de Francesco Rosi, film culte pour toute une génération engagée. Est ici considérée l’«œuvre de rupture», entendue à la fois comme œuvre d’avant-garde (qui rompt avec l’esthétique préexistante) et comme œuvre qui a vocation à dénoncer, bannir, renverser, s’opposer à un statu quo, un aspect de la culture ou de la société, voire tout un système sociopolitique.
La question de la relation entre la littérature, et plus généralement «les arts», et l’engagement se pose en effet pour tout le XX siècle (à commencer par la période des avant-gardes dites «historiques», dans le contexte de la Première Guerre mondiale par exemple) et passe ensuite par les polémiques et conflits internes à la néo-avant-garde lors des événements de mai 68. C’est aussi un sujet transversal, dont les problématiques sont complexes et nombreuses et touchent notamment la question de l'expérimentalisme et, en amont, du langage. C’est enfin une question toujours actuelle si l’on considère l’œuvre non comme un produit «fini» et détaché de toute autre entité, mais comme une œuvre «ouverte» en interaction avec le lecteur/public et plus généralement les lieux, cultures, arts, histoire : en bref ce qu’on pourrait résumer par «réalités individuelles et collectives». Dans cet esprit, une attention particulière est réservée à l’édition et à la réception de ces œuvres à la fois «en opposition à» et «en marge de» la culture dominante. (Protocole dessiné par M. Orsino avec les participations d’Antonella Capra et de Jean Nimis)