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Projet scientifique

 
IL LABORATORIO est une équipe centrée sur les «Pratiques et enjeux de l’édition italienne» dans la définition d’une politique scientifique visant à mettre en perspective ces pratiques et enjeux dans un cadre international et diachronique. L’«italianité» ne se limite pas à constater et à étudier l'existence d'une Italie linguistique bien plus vaste que l'Italie politique, mais elle implique aussi la prise en compte du rôle de médiation culturelle longtemps joué par la langue italienne.


Après l’expérience de deux plans quadriennaux qui ont conforté cette analyse, notre objectif de recontextualisation de l’influence de la littérature et plus généralement de la culture italienne dans le monde s’engage désormais dans une phase nouvelle avec deux décisions fortes de l’équipe.
La première est l’ouverture de l'équipe à deux Professeurs de Littérature française spécialistes des XVI et XVII siècles, Mme Fanny NEPOTE et M. Olivier GUERRIER (IUF honoraire Junior) et à leurs doctorants et docteurs, dans la perspective d’ausculter les échanges entre les deux pays, en particulier par l’entremise de la circulation des idées et des textes. Étudier les «pratiques et enjeux de l’édition italienne» n’a de sens que dans la mesure où l’on peut en évaluer aussi l’impact hors de la Péninsule, qu’il s’agisse de la capacité de l’Italie à attirer à elle les élites intellectuelles, de la Renaissance à nos jours, ou de son aptitude à diffuser son influence hors de ses frontières par la circulation des hommes, des œuvres, des idées voire des livres qu’elle imprime.
La seconde consiste en la mise en place inédite à l’Université de Toulouse d’un doctorat tricéphale Toulouse / Pérouse / Séville, porté par notre équipe qui, dans le cadre d’une convention interuniversitaire avec l'Università per Stranieri de Pérouse et avec l’équipe italianiste de Séville, offrira dès la rentrée 2015 la possibilité d’une cotutelle pour des sujets de thèse inédits qui mettront en synergie les compétences des spécialistes des trois universités.
      
Ces nouvelles ouvertures à des perspectives de recherche susceptibles de nourrir notre réflexion ont conduit IL LABORATORIO à articuler ses travaux futurs suivant trois axes. Mais l’organisation formelle de ces trois axes n’a de sens que dans la mesure où des échanges fertiles s’établissent entre eux et conduisent à des propositions innovantes en matière de recherche. Aussi nous a-t-il paru nécessaire de structurer notre politique scientifique autour d’un programme spécifique unique pour le plan quinquennal 2016-2020 dont l’année 2015 permettra de mettre en place les enjeux théoriques.
Ce programme portera sur l’étude de l’œuvre de rupture, expression qu’on comprendra selon trois acceptions complémentaires.
La première où l’on peut entendre l’«œuvre» au sens de production unique, comme l’édition princeps du Roland furieux de l'Arioste marque en 1516 un tournant dans la production littéraire italienne et suscite une rupture dans la production épique.
La deuxième invite à comprendre le terme d’«œuvre» au sens d’opera omnia d’un auteur en particulier: on pourra alors concevoir les ruptures littéraires, culturelles, sociales, intellectuelles, politiques, morales, scientifiques, esthétiques, etc. qu’ont entraîné les figures majeures de la culture italienne jusqu’à s’imposer comme un modèle nouveau, voire la diffusion d’œuvres majeures, par exemple de l’Antiquité, par l’entremise des réseaux italiens (circulation des textes, traductions, citations, etc.), y compris éditoriaux.
Enfin, il faudra prendre en compte l’expression dans sa dimension socio-culturelle de «faire œuvre de rupture», c’est-à-dire d’une production conçue a priori comme destinée à briser les formes artistiques, esthétiques voire sociales, comme l’ont été par exemple celle de Goldoni au XVIII, celle des Futuristes au début du XX siècle ou de l’Arte povera dans les années soixante-dix.